Santé, Tranquillité publique – page 5

A – La Santé
La question de l’offre de santé est l’une des principales préoccupations des habitants. Il y a une pénurie globale de l’offre de soins, qui est appelée à durer encore durant de nombreuses années sur l’ensemble du territoire national.
Le constat
Rappel historique
Cette situation s’explique principalement par des choix politiques inadaptés : les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1970 ont une responsabilité collective dans la pénurie actuelle. Malgré les informations dont ils disposaient, ils ont longtemps persisté à limiter le nombre d’étudiants admis en Médecine à un niveau très inférieur aux besoins des années à venir. Rappelons qu’il faut 9 ans pour former un généraliste, et que les données statistiques disponibles permettent d’anticiper avec exactitude l’évolution des besoins de santé.
Localement, nous avons alerté les différents acteurs publics depuis plus de 8 ans sur la dégradation de l’offre de soin sur nos territoires. Comme indiqué dans notre programme, nous refusons de considérer la question uniquement à l’échelle de notre commune, comme le fait l’équipe de M. Chaplet. Nous préférons raisonner en terme de bassin de soin, considérant que les patients de Cesson, de Vert-Saint-Denis, de Savigny, fréquentent indifféremment les praticiens de ces différentes communes.
Nous avions été plusieurs de notre groupe actuel à organiser, dans le cadre de l’association Alternative Citoyenne à Cesson, une mobilisation par le biais d’une pétition et d’une réunion publique. Nous avions rencontré les différents acteurs publics, notamment les maires de Cesson et de Vert-Saint-Denis, ainsi que les responsables de l’Agence Régionale de Santé (A.R.S.) (émanation régionale du ministère de la Santé), dans un entretien auquel avaient assisté les maires ainsi que notre député Olivier Faure.
Lors de notre entretien avec l’ARS du 19 avril 2019, la principale réponse de l’Etat avait été de nous conseiller de constituer une CTPS (Communauté Territoriale de Praticiens de Santé). Nous avions alors insisté auprès de M. Chaplet pour que la commune prenne l’initiative de consulter les praticiens pour échanger avec eux sur la possibilité de donner suite à cette proposition. Nous avions aussi insisté sur la nécessité de coordonner en particulier les actions de Cesson et de Vert-Saint-Denis.
Les évolutions récentes
En pratique, nous n’avons malheureusement pas été entendus, et la situation a continué à se dégrader, du fait d’évolutions contradictoires.
Certes, des centres de santé sous divers statuts ont vu le jour au Carré Sénart, à Boissénart, à Cesson, à Vert-Saint-Denis, à Moissy-Cramayel… et nos territoires ont bénéficié de la reconstruction de l’hôpital de Melun. Mais plusieurs praticiens sont partis en retraite, et la demande de soin a continué à progresser en raison du vieillissement de la population et du développement de nouveaux quartiers. Rappelons que la Seine et Marne est le département qui connaît la plus forte croissance en Ile de France. L’aggravation est appelée à se poursuivre, car de nouveaux médecins vont prochainement cesser leur activité.
Cesson et Vert-Saint-Denis n’ont pas, à notre connaissance, coordonné leurs actions, lesquelles ont porté pour l’essentiel sur le soutien à deux projets d’acteurs privés, sans coordination intercommunale. La ville de Cesson a apporté son soutien à la création de la Maison de Santé Simone Veil, dans d’anciens locaux de la Poste. La ville de Vert-Saint-Denis a quant à elle ouvert le Centre Médical Madeleine Brès en 2021 et a investi dans des nouveaux locaux pour le Centre Médical Dionet en 2024. Les deux communes ont investi dans des structures qui peinent à recruter des praticiens.
En 2022, des praticiens de Sénart ont créé une CTPS (Communauté Territoriale de Praticiens de Santé). Ce dispositif permet de tisser un réseau entre les professionnels, de mener des réflexions, des actions de prévention et de coordonner l’offre de soins à l’échelle du territoire avec le soutien de l’ARS (Agence Régionale de Santé). En 2025, la CTPS de Sénart compte 120 adhérents sur plus de 400 professionnels de santé présents sur le territoire. Ce dispositif mérite d’être soutenu et valorisé afin d’intégrer encore plus de praticiens : un travail sur le temps long au bénéfice des patients.
Un nombre important de nos concitoyens reste sans médecin référent. Et la pénurie demeure dramatique pour certaines spécialités médicales ou paramédicales. Il est par exemple toujours très difficile d’obtenir un rendez-vous en gynécologie, en dermatologie, en ophtalmologie, en orthophonie, en psychiatrie, ce qui pose un problème de santé publique. La mairie de Cesson soutient un temps partiel de secrétariat médical. Ce qui n’est pas le cas à Vert-Saint-Denis, où il n’y a donc pas d’accueil sur place des patients.
La politique actuelle de l’ARS
Cette agence publique détermine ses priorités d’action en fonction d’un zonage des territoires, dont les principes ont été redéfinis en 2025. Réalisé tous les deux ans, ce zonage permet d’identifier les territoires les plus défavorisés, et conditionne donc l’attribution d’aides publiques spécifiques. Il repose en partie sur l’indicateur d’Accessibilité Potentielle Localisé, qui mesure la disponibilité de l’offre médicale au regard de la consommation de soin. Cet indicateur témoigne de la dégradation globale de l’Ile de France, et en particulier de notre département.
Le zonage de 2025 intègre aussi des données géographiques et socio-économiques. Il distingue les territoires les plus fragiles (Zones d’intervention prioritaire et ZIP renforcées). Dans notre secteur : Savigny et Vert-Saint-Denis sont en ZIP, Moissy est en ZIP renforcée, contrairement à Lieusaint et Cesson dont la situation est considérée comme normale.
Entre 2018 et 2025, la moitié des projets d’aide à l’installation des professionnels de santé (notamment le soutien à l’investissement immobilier libéral) a été concentrée dans les territoires les moins dotés. L’ARS prévoit de recentrer désormais les aides sur les ZIP (10 millions d’euros en tout), au détriment des autres zones. Vert-Saint-Denis disposera donc désormais de plus d’aides que Cesson. Chacun constatera que cette disparité est absurde, vu que les patients circulent librement d’une commune à l’autre.
L’ARS cherche donc à renforcer l’offre de soin dans les territoires sous-dotés, à faciliter l’installation durable des médecins. 520 internes de médecine générale vont débuter leur 4e année d’internat en Ile de France en novembre 2026, l’ARS veut orienter leurs stages vers les territoires en tension. Elle cherche aussi à développer les centres de santé, dont elle soutien la création et le fonctionnement.
Elle a une politique de labellisation des Maisons « France Santé » (15 centres de santé par département, qui répondent à des critères d’accessibilité, de coordination des professionnels, de services offerts). En Seine et Marne, les maisons labellisées les plus proches sont celles du Mée et de Moissy. Elles répondent à 4 critères :
- garantir la présence d’un infirmier, au sein de la structure ou à proximité ;
- être ouvertes au public au moins 5 jours par semaine ;
- assurer des consultations sans dépassement d’honoraires ;
- proposer des rendez-vous dans les 48h lorsque l’état de santé des patients le nécessite ;
- participer au service d’accès aux soins (SAS) ou à la permanence des soins ambulatoire (PDSA).
Pour en savoir plus : https://www.iledefrance.ars.sante.fr/nouveau-zonage-medecins-en-ile-de-france-lutter-contre-les-inegalites-socio-territoriales-dacces
https://www.iledefrance.ars.sante.fr/reseau-france-sante-la-proximite-de-lacces-aux-soins
Nos propositions
Les véritables réponses sont d’ordre national. Pensez que vos élus locaux participent aussi à l’élection des sénateurs, qui font la loi, et sont donc coresponsables, avec les députés, de la politique publique de santé.
Nous défendons l’idée d’un plan d’urgence de santé, afin de minimiser la situation de pénurie.
Sur le plan local, nous proposons :
- de coordonner les politiques de santé à l’échelle du bassin de soin (a minima Cesson et Vert-Saint-Denis), ce qui implique une concertation entre les maires, par exemple quand ils décident de créer de nouvelles structures.
- de faire l’état des lieux avec l’ensemble des praticiens présents sur le bassin de soin (médecins, paramédicaux, pharmaciens) afin de faire l’état des besoins de la population, les évolutions prévisibles et de faire émerger les demandes concrètes des praticiens (comment pouvons nous aider les praticiens, les inciter à s’installer et à rester sur notre territoire ?).
- de proposer une meilleure coordination des acteurs de santé, pour soulager notamment la tâche des généralistes et faire en sorte que tous les habitants disposent d’un médecin référent, en s’appuyant sur la CTPS de Sénart.
- d’améliorer les politiques de prévention, par exemple en utilisant le site de la ville pour informer sur les actions, en lien avec les CCAS, les services jeunesse, les écoles, et avec le centre social de la Citrouille.
- d’informer clairement sur le site de la mairie des différentes possibilités d’accès aux soins.
B – La tranquillité publique
La sécurité publique est une des préoccupations majeures des citoyens et fait désormais partie intégrante de l’action municipale.
Si la compétence générale en matière de sécurité relève de l’État (Police nationale, Gendarmerie, Justice), les communes jouent un rôle croissant dans la prévention, la médiation et la tranquillité publique.
Depuis les années 1990, la décentralisation et la montée en puissance des polices municipales ont fait des maires de véritables acteurs locaux de la sécurité.
La politique communale s’inscrit dans une approche globale, conjuguant prévention, proximité et coordination avec l’État.
Le constat
La délinquance à Cesson
Les données les plus récentes disponibles (2024) montrent que la délinquance à Cesson se situe à un niveau globalement modéré, cohérent avec le profil d’une commune résidentielle de taille moyenne en Île-de-France. En 2024, environ 460 à 470 faits de crimes et délits ont été enregistrés, ce qui correspond à un taux d’environ 42 faits pour 1 000 habitants. Ce niveau place Cesson dans une position intermédiaire à l’échelle nationale, loin des communes les plus exposées.
La structure de la délinquance est très majoritairement dominée par les atteintes aux biens. Les vols, cambriolages et dégradations constituent la part la plus importante des faits constatés. Les violences contre les personnes représentent une proportion nettement plus faible et restent, pour l’essentiel, d’intensité limitée (coups et blessures sans gravité majeure). Les escroqueries et fraudes, notamment numériques, sont également présentes mais à un niveau comparable à celui observé dans des communes de taille similaire. Les infractions liées aux stupéfiants demeurent marginales en volume.
Les données complémentaires issues de classements communaux confirment cette répartition : la majorité des infractions recensées relève des vols et des dégradations, tandis que les cambriolages et les atteintes physiques restent numériquement contenues. Cette configuration est typique des territoires périurbains bien desservis, où la délinquance est davantage opportuniste que structurée.
Sur le plan évolutif, plusieurs indicateurs suggèrent une tendance récente à la baisse du nombre total de faits enregistrés entre 2023 et 2024. Cette diminution doit toutefois être interprétée avec prudence, les statistiques dépendant à la fois du niveau réel de délinquance et des pratiques de dépôt de plainte et d’enregistrement par les forces de l’ordre.
Enfin, replacée dans son contexte territorial, la situation sécuritaire de Cesson apparaît relativement favorable. Les comparaisons régionales montrent des niveaux inférieurs à ceux de nombreuses communes urbaines franciliennes
Faute d’étude de victimation, il est difficile de mesurer le « sentiment d’insécurité » même si cette préoccupation revient souvent dans les échanges avec la population.
Répartition par types de faits (pour 1 000 habitants)
| Catégorie d’infraction | Nombre / 1 000 hab. | Interprétation |
| Vols et cambriolages | 20,24 ‰ | Prédominent dans les actes enregistrés. |
| Violences contre personnes | 7,18 ‰ | Inclut coups et blessures volontaires. |
| Escroqueries et fraudes | 7,09 ‰ | Inclut fraudes diverses. |
| Destructions / dégradations | 5,48 ‰ | Actes de vandalisme et dégradations volontaires. |
| Trafic / usage stupéfiants | 1,73 ‰ | Infractions liées aux drogues. |
- Agressions physiques / sexuelles : 86 faits.
- Cambriolages : 27 faits.
- Vols / dégradations : 331 faits.
- Stupéfiants : 8 faits.
- En 2023, environ 500 faits avaient été enregistrés ;
- En 2024, ce nombre est constaté à 427 infractions (≈ –14,6%).
Cadre juridique et institutionnel
Base légale
Les fondements de l’action municipale en matière de sécurité sont précisés dans :
- Le Code général des collectivités territoriales (CGCT), notamment les articles 2212-1 à L. 2212-5 (pouvoirs de police du maire) ;
- Le Code de la sécurité intérieure (CSI) (articles L. 511-1 et suivants relatifs aux polices municipales) ;
- La loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance, qui renforce le rôle du maire en matière de coordination des actions locales.
Principe général
La commune agit sur deux plans :
- Police administrative : maintien de l’ordre, prévention des troubles à la tranquillité et à la sécurité.
- Politique de prévention et de partenariat : action concertée avec les institutions (État, police, justice, éducation, bailleurs, associations).
Nos propositions
Les axes principaux d’une politique communale de sécurité à Cesson
1- Prévention et tranquillité publique
Nous souhaitons développer une politique de prévention qui vise à agir en amont des phénomènes d’insécurité.
Les actions locales porteront sur :
- La prévention des incivilités: propreté, nuisances sonores, conflits de voisinage ;
- La prévention situationnelle en travaillant à un aménagement urbain sécurisant, (notamment au niveau de l’éclairage public)
- La prévention de la délinquance chez les jeunes en développant la médiation, l’insertion et des activités encadrées ;
- Le développement du lien social: médiateurs, éducateurs de rue, travailleurs sociaux, associations d’éducation populaire.
2- Sécurité de proximité et police municipale
La police municipale constitue un instrument utile de la politique locale de sécurité.
Ses missions :
- Surveillance de la voie publique, respect des arrêtés du maire ;
- Sécurité routière et stationnement ;
- Présence dissuasive dans les quartiers et autour des établissements scolaires ;
- Appui à la police nationale pour la prévention et la gestion des troubles mineurs.
A Cesson, la police municipale agit en complémentarité avec la police nationale (circonscription de police nationale de Melun Val-de-Seine), dans le cadre d’une convention de coordination signée le 7 décembre 2023 avec le préfet et le procureur de la République.
Nous engagerons une révision de cette convention au vu des résultats obtenus et des nouveaux objectifs à définir en commun avec l’État.
Nous ne reviendrons pas sur l’armement de la police municipale. Une attention soutenue sera apportée à la formation continue des agents et au respect strict des protocoles d’emploi des armes létales ou non ainsi qu’aux règles déontologiques applicables aux policiers municipaux.
3- Vidéoprotection et outils technologiques
Nous maintiendrons les dispositifs en place, en étant attentifs au strict respect de la vie privée :
- Caméras de vidéoprotection, supervisées par le Centre de supervision urbain intercommunal (CSUI) de Grand Paris Sud (structure publique ; les images ne peuvent être communiquées que sur réquisition du parquet) ;
- Systèmes d’alerte (application mobile, téléalarme, bouton d’urgence pour les commerces) ;
- Moyens de communication partagés avec les forces de sécurité de l’État.
L’objectif est de dissuader les actes délictueux et améliorer la réactivité des interventions et de favoriser l’identification de leurs auteurs. Nous proposerons, en lien avec GPS, de faire le bilan d’efficience du dispositif.
4- Médiation et cohésion sociale
Nous développerons des dispositifs de médiation sociale pour désamorcer les conflits du quotidien en partenariat avec le monde associatif :
- Renforcer le lien entre la police municipale et la population, en particulier avec les jeunes ;
- Médiateurs municipaux ou agents de prévention ;
- Actions éducatives et citoyennes dans les écoles, par exemple sur le harcèlement ;
- Soutien aux familles confrontées à des difficultés (via les services sociaux, CCAS, mission locale), par exemple exposées à des situations de violences intrafamiliales. Un plan prévoyant un dispositif d’aide aux victimes (associations conventionnées, points d’accueil en mairie, écoute sociale) sera mis en place. Un soutien aux dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes (Le Relais – SOS Femmes 77) sera activé.
Le partenariat intercommunal
Nous poursuivrons notre participation active au sein du conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance de Grand Paris Sud (CISPD) pour mieux coordonner les actions sur le territoire de l’agglomération et la rendre plus efficace qu’à l’échelle de la seule commune.
Ses missions :
- Évaluer la situation locale de sécurité ;
- Fixer les priorités d’action (quartiers, publics à risque, types de délinquance)
- Assurer la coordination entre prévention, répression et action sociale.
Nous évaluerons notre coopération avec la commune de Nandy en matière de police municipale et engagerons un rapprochement avec Vert-Saint-Denis pour une harmonisation du protocole d’emploi des deux polices municipales.

